Publié le 5 août 2010

Je suis un architecte d’informations, hrmm, excusez-moi, je suis un conseiller en architecture d’informations.

Qu’est-ce qu’un conseiller en architecture d’informations fait dans la vie ? Et bien déjà, il conseille ! Il conseille comme le ferait un coach d’une équipe sportive.

Conseiller = Coach

Des coachs, il y en a des tas. Des bons, des moins bons, des expérimentés et d’autres un peu moins. Il y a des coachs qui gueulent beaucoup, d’autres qui sont plus… hmm, subtiles. Un bon coach a, habituellement, plus d’expérience que ses joueurs. De l’expérience à faire quoi ? De l’expérience à trouver des solutions pour régler des problèmes. Une des premières choses qu’on m’ait dites quand j’ai commencé à faire du sport à un plus haut niveau était : « Si tu n’aimes pas régler des problèmes, sors du gym tout de suite! » Comme je n’avais aucune envie de sortir du gym, je me suis mis à aimer régler des problèmes et je n’ai jamais cessé d’aimer ça.

Facteurs de performance 101

Après avoir réglé quelques problèmes, vite on s’aperçoit que certains éléments reviennent souvent. On se rend compte qu’il existe des facteurs qui favorisent ou qui freinent nos performances en tant qu’athlète ou en tant qu’équipe. En sport, il existe 5 facteurs de performance :

  1. Les facteurs psychologiques
  2. Les facteurs physiques
  3. Les facteurs tactiques
  4. Les facteurs techniques
  5. Les facteurs sociaux

Comme coach, on ne peut donc pas exiger d’un athlète blessé qu’il prenne les meilleures décisions tactiques (un quart arrière blessé à une jambe disons), comme on ne pouvait pas non plus exiger d’une athlète comme Joannie Rochette qu’elle exécute parfaitement ses routines aux Jeux olympiques.

Facteurs de performance en architecture d’informations

En architecture d’informations, le principe est le même, c’est-à-dire qu’il y a des facteurs qui favorisent ou qui freinent la performance d’un architecte d’informations.

1 – Les utilisateurs
Pour garder ça court, les utilisateurs, mais surtout les tâches qu’ils doivent accomplir, sont une priorité pour l’architecte d’informations. Pour arriver à demeurer « customer centric », il faut souvent jouer de pair avec les clients, les designers et directeurs artistiques, sans oublier les programmeurs : d’autres genres d’utilisateurs ;) Tout est une question d’argumentaire, de négociation et de compromis de part et d’autre.

2 – Le contexte d’affaires
Là aussi, il y aurait tant de choses à dire, mais essentiellement, l’architecte d’informations doit être au courant du contexte du projet. Il doit savoir qui tire les ficelles, qui ne doit pas être froissé dans son orgueil, qui aura la pression en fin de mandat, qui a de l’expérience et qui en manque, qui a les plus gros risques de se planter ou de livrer en retard… combien en retard. Pourquoi il doit savoir ça ? Pour trouver des solutions ou au moins en faire partie, car c’est lui qui donne le ton dès le départ du projet!

3 – Le contenu
« Le contenu est roi »… j’ai déjà lu ça quelque part il me semble! Sylvain Grand’Maison l’écrivait récemment sur son blogue également. Et pourquoi il est roi ? Et bien parce que sur le Web, les gens cherchent… fouillent… parcourent… devinent tout en essayant de perdre le moins de temps possible pour le faire. Les utilisateurs – oui oui,  les fameux utilisateurs – sont impitoyables : ils sont égoïstes, égocentriques et pressés!

Selon moi, le contenu est le facteur de performance le plus difficile à gérer pour l’architecte d’informations, car le plus souvent, ce n’est pas lui ni la firme de production qui produit le contenu, c’est le client ou un rédacteur externe, qui s’en occupe. Malheureusement, souvent, c’est une tâche exécutée en parallèle. « Pendant qu’on termine les maquettes fonctionnelles, on va rédiger le contenu »… ça, c’est quand il y a des maquettes fonctionnelles! Pourtant, le contenu devrait être le fer de lance du projet. Si on débute le projet en disant : « Ah… et qui fera le contenu ?! » Hmm… je grince déjà des dents.

Tout devrait s’articuler autour de lui. C’est le contenu qui est le « show »! L’architecture d’informations et la hiérarchie d’informations n’existent que pour servir le contenu. L’architecte d’informations n’est que l’éclairagiste du show.

Un engrenage

Il est important de comprendre que tous les facteurs de performance ont un effet sur les autres. Dans un projet web, il faut donc des gens qui connaissent bien ces 3 facteurs de performance et qui sauront mettre un peu d’huile dans l’engrenage quand c’est nécessaire.


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P.S. Alors que je faisais un peu de recherche pour écrire ce billet, je suis tombé sur ce billet de Fred Cavazza contenant une vidéo de Metaweb que j’ai trouvé intéressante et qui permet de s’imaginer la pointe de l’iceberg que Google sera dans quelques années. Ça rejoint ce que certains pensent que sera le Web 3.0… un web sémantique.